23 juin 2006
1. Nouvelle vie pour Ernestine
Dès que j'ai aperçu un palmier, j'ai posé mes cartons. Je me suis assise sur l'herbe et j'ai regardé le ciel.
Enfin je pouvais respirer, enfin, j'étais LIIIIBRE !
Mais il va falloir que je me dorlote. Avec tous ces soucis je n'ai pas trop pensé à remplir ma gamelle de récompenses. Il est loin l'elixir de vie, et je n'ai pas l'intention de lui tirer mon chapeau tout de suite à la vie moi !
Mais bon, je ne crois pas que je vais rester là. C'est trop moderne comme maison, pas mon style !
Et puis c'est le bout du monde ici !
J'ai entendu parler de maisons à vendre rue du Boisdoré, je vais voir...
Vous me suivez ?
Eh ben, si c'est tout ce qu'ils ont à proposer pour plus de 12 000$ rue du Boisdoré ! J'en crèverais de chagrin avant l'heure, c'est une véritable cage à poules !
Non, moi je veux du beau, du qui en jette pour mes 20 000$. Paraît qu'il y en a une nouvelle au N°20, je vais voir...
Vous me suivez toujours ?
Ah, voilà ! Suffisait de chercher. En plus c'est dans un quartier plein de gens sympathiques, à deux maisons de chez les Hassek et pas loin des Agosse.
Paraît qu'elle est meublée et tout et tout...
Ca a tout de même une autre allure, vous avouerez !
J'aurai pas grand chose à acheter, ils ont tout prévu ici : le détecteur de fumée, le téléphone... même l'alarme anti-vol. Ca tombe bien, j'ai la hantise d'être cambriolée.
A vivre toute seule dans sa maison, une pauvre vieille comme moi, ça a vite fait d'attirer les bandits.
Mais je vais pas me plaindre, je l'ai voulu, j'assume !
Je ne me lasse pas de faire le tour de ma nouvelle maison. Mais c'est pas tout ça de glander, faut que je cherche un nouveau travail ! Des années passées dans la politique pour une malheureuse promotion qu'ils m'ont accordée ces chiens ! Je suis toujours standardiste à 73 $ par jour, tu parles d'une affaire !
J'ai pas l'intention de mourir pendue au bout du fil !
Je me suis installée dans mon coin salon pour potasser ma mécanique... " Potasser " hi,hi,hi! Voilà que je me mets à parler comme les jeunes moi !
C'est bien d'ici, on peut voir tout ce qui se passe dans la rue... Mais ! C'est pas Sandrine Agosse que je viens de voir passer ? Vous savez bien, celle qui a eu la médaille d'or de la famille Montsimpataise.
Je suis allée la saluer et lui faire mes compliments.
De fil en aiguille, je lui ai raconté mes petites misères et expliqué que je n'avais même pas de quoi m'offrir un arbre à billets, alors pour la fontaine de jouvence...
- Mais comment vous avez fait votre compte ? Vous avez dû être bien malheureuse alors ! On n'a pas le droit de traiter sa mère comme votre fille l'a fait. Une mère c'est sacré ! Même la mienne, si je la revoyais, je tâcherais de lui assurer une vieillesse heureuse, m'a dit Sandrine.
Y a pas à dire, elle est bien cette petite !
J'allais rentrer me faire des sandwiches à la viande quand j'ai vu Brenda Hassek. Elle est comme moi, elle n'est pas toute jeune non plus. D'un sens, c'est normal, tout le monde y passe !
On a parlé des enfants, je lui ai dit qu'elle devrait conseiller à Kevin de s'éloigner de Mélanie, elle ne pourrait que lui faire du mal. Brenda m'a dit que Kevin était grand maintenant et qu'elle ne pouvait plus lutter pour le remettre sur le droit chemin comme lorsqu'il était jeune.
Autrement, elle s'est tordue de rire quand je lui ai raconté les visites du psy.
Je lui ai dit :
- Faut pas rire avec ça Brenda, ça pourrait t'arriver aussi si tes enfants te mènent la vie dure
Elle m'a répondu qu'il n'y avait pas de danger, Brandon et Martial sont deux petits génies. Son seul regret, elle n'a jamais réussi à les faire inscrire à l'école privée. Le directeur est venu deux fois. La 1ère fois, elle a fait brûler sa dinde et déclenché un incendie. La 2ème, il a trouvé que la maison n'était pas adaptée aux enfants.
- T'en fais pas Brenda, la prochaine sera la bonne ! Tu leur as bien offert un bureau pour faire leurs devoirs au moins ? Elle n'y avait pas pensé !
En allant faire un petit tour à pied dans le quartier, je suis passée devant la maison des Rococo.
C'est un couple de jeunes retraités, ils ont encore le temps de voir venir, eux, les veinards !
Coralie m'a vue passer et elle m'a invitée à entrer.
J'avais peur de déranger, mais ils étaient comme moi en congés, alors je me suis laissée tenter.
Je ne sais pas si Coralie s'en rend compte, mais son mari, Marco, est un vrai dragueur. Il m'a invitée à danser, et il n'a pas arrêté de me faire des compliments.
Pour finir il m'a raconté une blague plutôt salée, j'en rougis encore !
Je leur ai dit que je trouvais qu'ils étaient bien installés, alors ils m'ont invité à visiter leur maison.
C'est le même constructeur que la mienne. Ca ne m'étonne pas !
On s'est quittés bons amis, ils m'ont dit que je pouvais revenir quand je voulais. Marco a même ajouté en me lançant un regard plein de sous-entendus
- A moins que je ne vienne vous rendre une petite visite moi-même...
Ca faisait un bail que je n’étais pas partie au travail en si bonne forme. Mon nouveau quartier, mes nouveaux voisins, mon nouveau job, tout me bottait. Mes patrons m'ont dit que si je continuais comme ça, j'aurai bientôt une promotion. J'en aurais bien besoin, parce que je ne gagne que 45$. A peine moins qu'après toutes ces années en politique remarquez bien.
Le soir, je me suis tapée une grande assiette de macaronis, et pour une fois, Mélanie n'était pas là pour me reprocher d'envoyer des postillons partout.
J'aimerais l'y voir, elle, avec un dentier !
Après ça,j'ai encore étudié ma mécanique et je suis arrivée au niveau 3 les doigts dans le nez. Un petit coup de Miam TV vautrée sur le canapé...(je me demande où ils sont allés dénicher des nullards pareils qui n'arrêtent pas de mettre le feu dans leur cuisine) mais j'ai quand même appris une nouvelle recette.
Je suis maintenant cuisinière 3ème Dan, yeah !!
Un petit tour aux toilettes, et dodo ! J’ai réglé le réveil pour demain matin. Pas question de lambiner au lit, j’ai du retard à rattraper dans pas mal de choses.
Il était déjà 1 h 15 et je ne m’étais pas sentie en si bonne forme depuis des lustres.
J'ai fait de beaux rêves, j'ai rêvé... je dois vous le dire ?
27 juin 2006
2. Le lendemain, elle était souriante
Au réveil, après 6 heures de sommeil, je pétais la santé. J'ai reçu un coup de fil de mon petit Jamie. Il me demandait s'il pouvait passer me voir, il était désolé de ne pas m'avoir embrassée pour mon départ. J'ai fondu et je l'ai invité.
J'en ai profité pour appeler les Rococo et les remercier de leur accueil d'hier. Je suis tombée sur Marco, entre deux blagues à deux balles il m'a dit qu'il avait rêvé de moi cette nuit.
Quel farceur ce Marco !
Et si c'était vrai ?
Non, faut pas rêver !
Jamie m'a fait une surprise, il est venu avec Julien. Paraît que quand il a su que James venait il a insisté pour l'accompagner.
Je suis bien contente de les revoir tous les deux mine de rien.
Pour fêter ça, je leur ai fait ma nouvelle recette : des crêpes !
Elles ont un peu brûlé, mais ils se sont régalés quand même
-" Ca change des céréales et des sandwiches à la viande " a dit Julien
Il sait trouver les mots qui font plaisir, mon petit Juju. C’est pas Mélanie qui lui en ferait des crêpes !
Juju m'a appris à danser sur la Techno. C'est pas difficile, y a juste qu'à se dandiner.
Au début j'étais un peu coincée, mais Juju m'a encouragée
-" Bouge ton corps mamie, bouge ton corps! "
Alors je me suis éclatée grave.
Au moment de partir, Juju m'a dit en m'embrassant
-" Merci Mamie, c'était super ! Je peux revenir te voir ? "
-" Quand tu veux, mon petit Juju, quand tu veux ! "
Je l'adore ce gosse !
Je suis promue, je suis promue, lalala !
J'ai repris le travail en pleine forme. J'ai couru à la voiture comme une jeunesse, j'avais retrouvé mes 20 ans !
Bonne nouvelle en rentrant : je l'ai eue ma promotion ! Je suis devenue cobaye, et avec la prime, j'ai pu payer mes factures.
Ahhh,ça fait du bien d'être à jour, on se sent, comme qui dirait : sou-la-gée.
Quand j’ai commencé à sentir que mon énergie battait de l’aile, je me suis décidée à tester cet appareil que mes collègues voulaient mettre au rebut. Paraît que quand ça veut bien marcher, ça vous requinque en moins de deux.
Ca tenait un peu de la chaise électrique, leur truc… Je vous jure qu’il faut un certain courage pour y monter. Mais à mon âge, qu’est-ce que je risquais ? Un jour de plus ou de moins, est-ce que ça compte ?
Enfin, si je pouvais m’abreuver à la fontaine de jouvence, je ne dirais pas non. Mais faut pas rêver, je m’y suis prise trop tard, j’aurais jamais les moyens de l’avoir.
Elle avait marché au delà de mes espérances la machine infernale. J’en ai profité pour gagner encore un point de cuisine et de mécanique. Qu’est ce que je deviens calée !
Dommage de ne pas m’y être prise avant. Mais la famille…. Ah, on pourra dire que je lui ai tout sacrifié.
Et puis j'ai reçu un coup de fil de Marco Rococo, il voulait savoir si j'étais chez moi ce soir.
Qu'est-ce que ça peut bien lui faire ?
Et puis j'ai eu un petit problème dans ma salle de bain. Toujours ces joints de robinet qui fuient… Ca n’arrivait pas si souvent de mon temps, mais maintenant, t’as beau mettre cher dans la plomberie, c’est camelote et Cie.
Je n’arrivais pas à réparer, alors je me suis regardée dans la glace et... bonjour le reflet !
Quelle vieille shnock avec ce chapeau qui ne me quittait plus depuis le mariage de Mélanie. J’en étais malade !
Alors, j’ai fait ni une, ni deux, j’ai pris les ciseaux et je me suis refait un look...
Y a plus besoin d'aller chez le coiffeur avec les nouvelles coupes de maintenant. Y a juste qu'à faire des échelles partout. Et ça, pour les échelles, je me trouve assez douée, hé-hé !
Et puis Marco a débarqué. Il a fait celui qui avait du mal à me reconnaître
-" Je suis chez Ernestine La Vioque ou chez sa fille ? " qu'il a demandé.
Quel baratineur ce Marco !
Et voilà-t-il pas que James et Julien sont arrivés
-" Maman a emmené Sybille en ville, alors on s'est dit... "
Va pas falloir qu'ils se disent trop souvent, quand même !
Marco semblait un peu déçu
-« Heu... j’espérais vous trouver seule… »
Voyez-vous ça !
-« Rien ne vous empêche de revenir demain, je serai seule ! » Marco a pris l’air béat de Bernadette à la grotte de Lourdes
-« Vrai !? Nous serons SEULS vous et moi ? »
J’ai dit aux enfants qu’il était l’heure de rentrer chez eux.
-« Vraiment géniale ta nouvelle coupe, tu rajeunis à vue d’œil mamie ! » m’a dit Jamie
-« Faut pas se fier aux apparences, je vieillis de jour en jour mes enfants, c’est pour ça qu’il faut que je pense à mon avenir »
-« On peut revenir te voir ? » ENCORE !!!
Alors là, j’ai répondu
- Ah, la prochaine fois, c’est moi qui viendrai vous voir, pour ton anniversaire Jamie.
Si je ne suis pas morte d'ici là !
3. Sacré Marco !
Le lendemain, je faisais un peu de gym tonic en pédalant dans ma cuisine
avant de reprendre le travail, quand tout à coup :
Drrrring ! Drrrring ! Drrrring !
La sonnette qui insiste.
C'était encore Marco. On peut dire qu'il est matinal ! J'allais lui donner une poignée de main quand il se jette sur moi et me vole un baiser.
Si j'avais eu dix ans de moins, je lui aurai retourné une paire de gifles, mais là j'ai réfléchi : Ma vieille, si tu ne veux pas mourir toute seule et qu'il n'y ait personne pour plaider en ta faveur quand la Mort viendra te rendre une petite visite, t'as intérêt à te l'accrocher celui-là.
Alors je me suis laissée faire, et j'en ai même rajouté une couche.
Et puis il a commencé à me baratiner entre deux blagues nulles.
- Ernestine, chaque jour que Dieu fait vous rend plus attirante. Je voudrais vous avoir toujours dans mes bras, dans mon coeur...
Dans mon lit ! J'ai complété pour lui. S'il croit que je ne sais pas où il veut en venir avec ses gros sabots.
Mais bon, étant donné les circonstances, il ne fallait pas se montrer trop difficile non plus.
Pour une fois, Mélanie m'aura été utile à quelque chose. Pour l'avoir vue à l'oeuvre avec les hommes, j'ai repris ses méthodes : mots doux, sous entendus, blague salace, rentre-dedans, bisous sur le bras, massages, jusqu'au baiser langoureux...
Pour le passionné, j'ai craint pour mes rhumatismes.
Quand je l'ai senti à point, prêt à me manger dans la main, je l'ai prévenu :
- Mon petit Marco, je ne suis pas celle que vous croyez ! Je ne me contenterai pas d'une aventure. Si vous voulez que je sois vôtre, il faudra me prouver que vous tenez à moi
- En faisant quoi ?? m'a-t-il demandé d'un air niais
- En venant vivre chez moi, je ne suis pas prête à jouer back-street.
J'ai cru que c'était gagné, parce qu'il m'a proposé
- Si on allait se détendre un peu pour y penser
Câlins, bisous, tout ce qu'on veut... mais au moment crucial, je n'avais toujours pas ma réponse ! J'implorais d'une voix douce
- Alors, c'est oui ?
- Oui quoi ???
Ah, ça s'arrange pas la mémoire à cet âge là !
- Oui pour emménager chez moi, je lui re-explique.
- Je sais pas... faut voir...
Je l'aurais tué !!!
- Ben c'est tout vu ! Retourne chez toi ! Va voir ta femme, elle doit s'inquiéter.
Il avait l'air désemparé
- Mais Ernestine, ce n'est pas facile, mets toi à ma place. Coralie va en souffrir, elle ne s'attend pas à ça !
- Et moi !? Je ne souffre pas, peut-être, en sachant l'homme de ma vie dans le lit d'une autre
Là, j'ai poussé le bouchon un peu loin, " l'homme de ma vie ", disons le seul à l'horizon. Mais le principal, c'était d'être convaincante et il avait l'air convaincu.
La preuve, en repartant, il m'implorait encore
- Je pourrai revenir te voir ?
- Je n'attends que ça ! Mais reviens quand tu auras pris une décision, nous ne pouvons pas continuer à cacher notre amour
Oui, j'ai dit " notre amour " faut savoir ce qu'on veut dans la vie et la fin justifie les moyens.
Avec cette histoire, je n'étais pas allée au travail. Une fois passe, mais il ne faudra pas que ça se reproduise trop souvent.
Le lendemain, il se pointait aux aurores, j'étais en petite tenue dans ma salle de bain quand il a ouvert la porte et m'a sauté dessus en criant
-" Me voilà et pour toujours ! Il avait bien réfléchi.
Je lui ai rejoué le film de la veille, mais en m'appliquant encore plus. Je ne l'ai lâché que lorsque j'ai senti qu'il ne pouvait plus m'échapper.
-" Ernestine, quel tempérament ! Et tu vis seule depuis combien de temps ? "
-" Trop longtemps, justement ! Alors j'ai besoin d'un homme pour me tenir compagnie dans la vie comme au lit "
-" Je suis ton homme ! "
On y est allé direct, au lit.
Bisous, câlins, tout le tintouin, et...
Rien !!- Je ne sais pas ce qu'il y a, ça ne m'arrive jamais d'habitude " s'est excusé Marco
C'était bien ma veine !
Enfin, c'était pas le but non plus, je vous rappelle. Le but c'était de ne pas être seule le jour où...
Pour le reste... il serait peut-être en forme demain, qui sait ?
L'espoir fait vivre dit-on.
Et Coralie, pendant ce temps, là ? Qu'est ce qu'elle devenait cette pauvre Coralie, hein ?
De son côté, Coralie Rococo vivait très mal la situation, comme on pouvait s'en douter, et comme elle devait le raconter à son amie Brenda.
- Ah, Brenda, je suis bien malheureuse ! Et dire que je n'ai rien vu venir... Avec Marco, je dormais sur mes deux oreilles, tu penses, 47 ans de mariage et jamais de discorde, jamais un mot plus haut que l'autre, nous nous aimions comme au premier jour.
Je l'avais connu sur les bancs du lycée, et depuis, nous ne nous étions jamais quittés.
- Enfin Coralie, comment as-tu pu être aveugle à ce point là ? Tu n'as pas vu son manège avec Ernestine, le bonbon rose ? Mais ça crevait les yeux ! Tu ne t'es doutée de rien ? Vraiment ? Jamais ??
Il n'y avait qu'à les regarder voyons ! Surtout Ernestine, elle ne le quittait pas du regard, elle lui faisait des yeux de crapaud mort d'amour... Marco n'est qu'un homme après tout, et un homme, surtout à cet âge là, tu sais bien que ça a besoin de se prouver que ça peut encore séduire. Ernestine le savait bien, elle en a joué et abusé.
- Maintenant que tu me le dis Brenda, ça me semble clair, mais que veux-tu, j'avais confiance ! Comment aurais-je pu me douter ? Marco ne m'avait jamais trompée... en tout cas, pas que je sache.
Ils s'amusaient gentiment, en tout bien tout honneur, du moins me semblait-il. Ils ne faisaient pas de mal. Et puis Ernestine a près de 10 ans de plus que moi, alors...
Raison de plus ! Comme tu dis, Ernestine est bien plus âgée. Tu n'as pas pensé qu'elle pouvait avoir peur de mourir seule, que pour elle, c'était une question de vie ou de mort. Et ne me dis pas que le comportement de Marco n'avait pas changé, je ne le croirai pas.
Il devait y avoir des signes qui ne trompent pas. Est-ce qu'il était toujours... amoureux... enfin, tu vois ce que je veux dire... est-ce que vous faisiez encore...
- Mais bien sûr ! Tu sais Marco avait des... oh, et puis je peux te le dire. Il avait des petits problèmes... mais rien de grave ! Il suffisait de savoir le stimuler. Il aimait bien que je me promène en tenue légère quand nous étions seuls.
Comme ça, il retrouvait tous ses moyens !
Oh, tu peux bien rire, mais tu vois, je n'ai rien à me reprocher.
J'ai toujours fait ce qu'il attendait de moi.
Excuse-moi, c'est nerveux !
Mais je veux dire, ces derniers temps... vous le faisiez encore ? Je ne voudrais pas avoir l'air trop curieuse, mais... il n'avait pas un peu ralenti ? Y avait pas trop de mou dans le manche ?

